La colline aux coquelicots « Sauvons le Quartier Latin »

Un vent de renouveau souffle sur le studio Ghibli, alors que les fondateurs du mythique studio d’animation japonais entrent dans l’hiver de leurs vies. Une histoire simple, tendre, avec une étonnante modernité et beaucoup d’humour, pour ce film réalisé par Goro Miyazaki, le fils de l’un des pères du studio Ghibli, Hayo Miyazaki.

Synopsis officiel

Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer…
Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui semble les lier…
Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir.

Adapté du shôjo de Tetsuro Sayama et Chizuru Takahashi, la Colline aux coquelicots est le deuxième film de Goro Miyazaki après le mitigé Les Contes de Terremer pour le ‘Disney japonais’. Il semblerait que père et fils se soient entendus pour faire taire les critiques sur la capacité de l’héritier à perpétuer l’esprit Ghibli. Ce film tend vers la synthèse du meilleur de la dualité des génies du studio : Isao Takahata et Hayo Miyazaki.
Le film emprunte à Takahata la complexité psychologique des personnages tandis que le personnage d’Umi, adolescente vaillante, est cher à l’idéal de Miyazaki. Goro confirme sa position d’héritier, maintenant assagi et apaisé dans ses relations avec son père. La Colline est un film visible par tous, qui montre des jeunes gens qui se confrontent à la vie comme des adultes,tant par leur combat idéaliste (sauver le Quartier latin) ou dans la façon de gérer le grave secret qui les unis.

Les paysages de ce Japon littoral des 60s sont au top de la technique actuelle (déjà magnifique sur Arrietty et Terremer). Il ne faut pas oublier que Goro Miyazaki a fait des études de paysagiste. Le tout mêlé à cette animation quasi disparue de chez le cousin disney américain, parfaitement maitrisée. Le dessin est perfectionniste, le soucis du détail (papier tue-mouche, la cigarette du pécheur) est bien différent d’un Disney aseptisé et de plus en plus bâclé. La musique de Satoshi Takebe est superbe, avec des notes jazzy.

Les thèmes du film sont universels. La famille (la grand-mère, la soeur, etc.) y est toujours au coeur de l’écriture Ghibli de Goro Miyazaki avec son père et son comparse Niwa Keiko. Les enfants aident leurs ainés et l’héroine, Umi, gère la pension de sa grand-mère. Les pensionnaires sont autant de stéréotypes drôles et touchants.
Les habitants des tableaux (marché, port, Quartier Latin ou Tokyo) sont d’affectueux clins d’oeil à la vie au Japon des 60s. Et le tout sans oublier d’y ajouter une touche d’ironie douce et nostalgique.

Le film est parcouru par deux courses passionnées. Celle des coeurs et celle de la sauvegarde du Quartier Latin.
Une histoire d’amour qui commence par une belle amitié. Un message qui flotte au vent.
Un combat pour sauver la culture japonaise, qui passe par ses chants ou encore retaper le foyer étudiant, le Quartier Latin, appuyé par le journal publié au Lycée Konan.
Ce film dépeint une société traditionnelle japonaise où les jeunes veulent mettre leur grain de sel, tout en respectant le passé qui est glorieux. Malgré une représentation véridique de la société d’alors, les jeunes hommes croient en la politique tandis que les jeunes femmes cuisinent, s’intéressent aux hommes, mais prennent aussi la peine de faire des études.

L’amour. La mère d’Umi a fuit pour vivre avec son père, un marin. Les drapeaux sont le message de l’amour d’une fille pour son père disparu, qui devient le symbole de l’amour d’Umi pour Shun, son ami et seul jeune à comprendre le langage des drapeaux de marine. Le vent dans drapeaux est une valse qui inspire l’une des plus belles déclarations d’amour de Shun pour Umi.
Umi et Shun doivent faire face à l’Histoire du Japon, à la guerre de Corée et ses orphelins. Shun doit alors se résoudre à ne pas céder à l’amour d’Umi. L’émotion de la disparition du père, la perte de l’amant, Umi ne sait plus quoi penser, et arrose les coquelicots chaque matin.
Je suis dans l’obligation de cesser d’en dire plus sans risquer de faire des spoilers.

Une direction artistique impeccable, qui fait présager d’un avenir radieux pour Ghibli, même si le fils n’arrive pas encore à égaler le climax de certaines oeuvres de son père. La Colline affirme le style Goro, avec sa thématique recherchée et touchante. Je finirai ainsi: la poésie, douce et évocatrice, entoure d’émotion ce film japonais, pur et simplement beau comme un haiku.

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