Philippe Sollers, ce fou dangereux

Je n’ai rien à vous dire.
Je sais que, pour ma première chronique, je devrais présenter la bête, alliance de talent et de beauté, mélange de Dante Allighieri et de Georges Clooney, ayant connu le succès, avant que le succès ne le connaisse; je sais que, pour ma première chronique, je devrais énumérer l’ensemble de ces charmes incroyables qui ont attirés des créatures aussi belles que tarifées dans les bras d’un esthète plus grand que Mimie Mathy…

…Je sais que, pour ma première chronique, je devrais rappeler à quel point la cruauté de mon verbiage n’a d’égal que le verbiage de mon ironie ; oui, je sais que, pour cette première chronique, je serai censé expliquer- aux débiles qui ne l’ont toujours pas compris- qui est ce connard prétentieux, décidant de livrer sa prosodie aux premiers auditeurs ou lecteurs venus, c’est-à-dire, je serai censé me présenter, MOI !
Toutefois, usant des mêmes stratagèmes qu’une vierge effarouchée, je préfère continuer à jouer un peu. A boire mon coca, sur la terrasse magnifique du Casino de Monte-Carlo ; tout en songeant à la fin de soirée que je m’apprête à passer au Jimmy’s, célèbre boîte de nuit où, la seule fille qui n’a jamais connue mes assauts de dragueurs enfiévrés, demeure l’autocollant de soubrette collée sur l’entrée. Comme vous pouvez le remarquer, je ne glande rien- m’appuyant sur la célèbre philosophe, Eve Angeli, pour rétorquer aux langues de pute me le reprochant que « rien, c’est quand même quelque chose ! »
Mais, afin de ne pas brusquer les quelques personnes qui s’attardent sur cette chronique et pour les fidéliser à ma verve, je suis prêt-comme ça !- à vous livrer ma vie. Ma vraie vie. Celle qui m’a permise, l’autre jour, de connaître l’expérience la plus bizarre de mon existence.
Alors que je jouais l’équivalent de trois yachts et de quatre « Ferrari » aux machines à sous du Café de Paris, une blonde platine, au regard plus bleu que les hématomes d’un Stallone, se jette sur moi, requérant mon aide.
Elle me disait : -« Vite, monsieur : aidez-moi ; je suis poursuivi par un homme horrible, un véritable monstre ! »
Affolé, je lui disais : -« Ah bon ? Et où est-il ? »
-« Là-bas, près l’agent de sécurité. »
Je redressais la tête, pour mieux observer le visage de cette menace qui terrifiait tant cette femme ; et que ne fut pas ma surprise, en découvrant les traits d’un des plus brillants écrivains de la littérature contemporaine : un homme qui dépassait Marc Lévy et Guillaume Musso, par son intellect ; mais, qui s’érigeait à la hauteur d’un Casanova ou d’un Chateaubriand uniquement que par la taille ! Ce lettré illustre, c’était Philippe Sollers.
Tout de go, je dis à cette blondinette : -« Mais, enfin, c’est Philippe Sollers ! »
Cette dernière me dit : -« Oui, ce fou est mon frère. Il essaie de me violer ! Je me suis enfuie de son dernier roman. Mais, parlez moins fort : il pourrait nous entendre ! »
Comment ? Sollers, un fou ? Non, voyons ! Certes, Philippe appréciait des pratiques assez osées, dites libertines et souvent décrites, dans le passé, comme étant celles de dégénérés ; néanmoins, les seules partouzes auxquelles avaient participé l’auteur de Femmes n’étaient qu’idéologiques : se soumettant aussi bien aux coups de triques de Mao qu’aux combinaisons en latex du capitalisme financier, Philippe avait tenté, durant sa jeunesse, toutes les positions possibles pour séduire et horrifier la bourgeoise affalée dans son canapé écru. Pourtant, avec le temps, j’aurais cru que cet ancien bougre, admirateur de Sade, se serait repenti ; j’aurais parié que, après le ramassis de ses textes encyclopédiques publiés chez Gallimard, il se serait contenté de livrer des cours de Mandarin à la Sorbonne ; mais, constatant cet air apeuré sur le visage de sa sœur, je compris que cela n’était pas le cas : le détraqué du sexe était revenu, l’incestueux ne demandait qu’à s’assumer, le DSK en puissance ne désirait que la montrer- je parle bien sûr de sa puissance !
Décidant de prendre les choses en main, je choisissais de me sacrifier; je réclamais alors, à cet appât délicieux, de me laisser causer avec Sollers. Criant comme une folle perdue- qui n’avait, en tout cas, pas perdue de sa folie-, je la convainquais avec deux baffes dans la gueule ; et je me dirigeais-enfin !- vers le mythe, Philippe Sollers !
Bien entendu, je n’aborderai pas le contenu de notre bataille verbale où, ce fauve, essayait de m’atteindre par ses discutions pédantes et inintéressantes sur son enfance, son parcours, sa carrière. Bref, sur le seul sujet qu’il maitrisait, à savoir Philippe Sollers- ce qui me plaisait autant qu’un portrait de Maïté à poil !

M’apercevant brusquement que mes défenses, face à ses offensives narcissiques étaient inutiles, je sonnais la retraite ; improvisant une pause pipi pour m’éclipser et retrouver celle qui avait un sens pour moi. Je converse bien sûr sur cette pétasse craintive qui, comme l’aurait fait Gainsbourg à un concert de Justin Bieber, se cachait pour ne pas être aperçue. La priant de me suivre et la persuadant qu’elle était sauvée- je suis salaud, je sais-, je l’agrippais dans le couloir des toilettes où je lui fis l’amour environ trente-deux heures d’affilées, de façon ininterrompue, avant de crier dans un dernier soupir :
-« Je peux enfin éprouver du plaisir en pensant à un Sollers ! »
Voilà, ma vie est peut-être insignifiante ; mais, elle m’intéresse plus que la vôtre !

Pour en savoir plus sur Philippe Sollers.

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