Sara Moon, la tête dans la lune?

« Sarah Moon expose à Nice 130 photographies. Une œuvre poétique tout entière consacrée à la quête de l’émotion. Un enchantement. » écrit Virginie le Borgne pour Polka. On ne peut être plus d’accord: récit d’une visite dans l’exposition peu avant sa clôture.

Sarah Moon crée un monde-reflet. Une sorte de passé en négatif de polaroïd, elle qui veut photographier la vie -mais dit ne pas y arriver-, ses tirages semblent donner une vision particulière recouverte d’un voile morbide. Un peu morbide, et à la fois si paisible et lumineux!
Elle réalise une forme de cinéma expressionniste statique. Pour cela, elle met en scène des paysages bucoliques, la mode, ou encore le cirque. Les lieux désertés, les animaux errants : des scènes désuètes qui la fascinent. Au regard de son œuvre, on a parfois l’impression de voir Nacht Und Nebel d’Alain Resnais, ou les clichés N&B de Nadja d’André Breton.

 

Certainement parce que Sarah Moon est une photographe française née en 1941 d’une famille juive contrainte à quitter la France occupée. Elle s’intéresse à la photographie dans les 70s à Londres, et le monde de la mode où elle dessine et défile. Après 15 ans de travail dans la mode, elle a photographié pour Cacharel (son 1er  succès),  Vogue, Chanel, Dior,  et d’autres encore. Elle décide de quitter l’univers du paraitre pour une photographie plus personnelle, plus introspective et strictement artistique. Elle  qui cite Guy Bourdin, le célèbre photographe comme ses premières influences; c’est bien la partie “cinéma des 30s”, expressionnisme allemand qui ressort des tirages exposés au Théâtre de la Photographie de Nice.

Les photographies les plus récentes (années 2000), en couleur, nous emporte dans un autre monde. On quitte l’idée du passé, sans toutefois pouvoir dater le cliché.
Les défilés de mode prennent alors une véritable aura surréaliste, où une certaine évanescence émane de l’inspiration des créateurs de mode japonais (Issey Miyake ou Yojhi Yamamoto).

Ses “fleurs” transportent celui qui les regarde : elles semblent encrées, aquarellées, et un film aqueux déposé à la surface, comme on regarde son reflet dans une flaque après la pluie. Il nous reste au visionnage de cette pellicule récente, une sensation de couleur très “Factory” d’Andy Warhol, avec ses surimpressions de couleurs. Définitivement une sorte d’impressionnisme de la fin du XXème siècle, capturé par un appareil photographique.

 

“1,2,3,4,5: Sarah Moon”, exposition au Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles-Nègre, 27, boulevard Dubouchage, Nice. Jusqu’au 12 février.

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