« L’amour dure trois ans », surtout pour Beigbeder.

Synopsis officiel: Marc Marronnier, critique littéraire le jour et chroniqueur mondain la nuit, vient de divorcer d’Anne. Il est sûr à présent que l’amour ne dure que 3 ans. Il a même écrit un pamphlet pour le démontrer mais sa rencontre avec Alice va ébranler toutes ses certitudes.

Après l’avoir écrit, Beigbeder s’attèle à démontrer au cinéma cette fois-ci que la conquête et l’interdit sont plus stimulants que le tranquille paquebot mariage. A la promesse d’une croisière sans heurts, il milite pour l’absence d’engagement officiel tout en voulant posséder de manière exclusive. Indubitablement, on sent ce paradoxe l’animer et le consumer puisqu’il se veut et se voit poète maudit. En découle un cynisme revendiqué qui frise parfois l’amertume, et l’on ne saurait dire si c’est parce qu’il a trop ou pas assez vécu. Son profond malaise s’avère résulter de la dualité qui prédétermine la passion de l’amour, l’eros de la philia.

Et c’est au moyen du cliché de l’écrivain qui rencontre plus de succès auprès des femmes que des éditeurs, de l’artiste intello détaché du monde tout en y restant mondainement et modernement connecté (« l’amour est un sms sans réponse ») que Beigbeder évoque son mal-être. En transparence, il se définit comme acteur d’une société de consommation où désir d’acquérir et date de péremption vont de pair. Dès lors, son salut s’avère conditionné par ce qui pourrait également le damner : l’amour. Mais possède-t-il la maturité suffisante pour le vivre pleinement ?

L’aspect rétrospectif voire autocritique de la trame du film permet une structure narrative plaisante et fluide, soulignant intelligemment l’ego de Beigbeder sans toutefois nous le rendre insupportable. Les acteurs viennent compléter avec conviction ce bon tempo, à l’image de Gaspard Proust qui interprète avec doigté et plaisir son personnage, bien épaulé il faut le reconnaître par des seconds rôles convaincants. Il est à ce titre intéressant de se demander si le résultat aurait été le même sans ce casting de choix.

Il s’avère enfin intéressant de se questionner sur la teneur du message véhiculé par le film in fine : s’agit-il d’une fausse propagande ou d’un raisonnement par l’absurde ?

Réalisation de Frédéric Beigbeder, 2011,

Avec Gaspard Proust, Louise Bourgoin, Joey Starr, Jonathan Lambert, Frédérique Bel…

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