les Infidèles, fidèles à l’esprit des complices Dujardin – Lellouche

Film à sketchs, il déçoit autant qu’il peut plaire. Le duo Lellouche-Dujardin s’en donne à coeur joie, retenant peut être la leçon de cinéma de Blier, qui disait que plus la caricature est saillante, plus ça fera rire. L’humour potache a la part belle, et même si les chutes sont parfois plus que prévisible, on rit bien de cette infidélité qui froisse le drap des autres, à moins que ce soit sur votre canapé, et là, c’est déjà moins drôle. Imaginez lorsque c’est votre femme qui le découvre, et que vous découvrez que l’infidélité féminine est autre qu’un complexe bobo… D’un sujet léger, on touche toute la palette émotionnelle.

Pas tous les sketchs ne sont réussis. Certains plus que d’autres. L’écriture est lourde, l’ensemble manque cruellement de cohérence, teinté de lieux communs implacables. L’image du Français est celle portée sur les épaules des bankables Dujardin – Lellouche, c’est-à-dire l’infidèle loser, romantique paumé, obsédé sexuel et dragueur lourdaud. Le film dresse le portrait satirique d’hommes mariés immatures et queutards. Peut-être que cette toile a été pensée comme un remake bas de gamme du futur film d’Abel Ferrara sur DSK?

Il vaut mieux voir ce film comme étant une sorte d’hommage à l’insolence des premiers films de Blier qu’à la comédie italienne. Les mines circonspectes des acteurs ne sont bonnes que lorsque la caricature laisse place au silence. L’écriture à plusieurs mains des saynètes n’apporte aucune réponse au questionnement sur l’infidélité. Il est sûr que ce n’est pas la portée dramatique de Last Night de Massy Tadjedin. Ici, la chute est plus que convenue. D’ailleurs, chaque sketch cherche à donner le secret de l’infidélité, le pourquoi-du-comment psychologique; comme la peur de vieillir, le manque de piment dans la vie de couple ou encore une homosexualité refoulée.

La crème des réalisateurs à succès du cinéma français ( Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau, Alexandre Courtès) est sélectionnée par le producteur Jean Dujardin. Pour ce qui est des interprètes, les compères Dujardin et Lellouche squattent la majorité des séquences (5 sur les 7). C’est d’ailleurs l’un des seuls éléments qui apportent un peu de cohésion dans un film assez confus. N’aurait il pas été plus simple de faire toutes les scènes avec des acteurs différents, et finir avec une saynéte chorale par exemple? Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Stéphane Joly, Nicolas Bedos, Philippe Caverivière: peut – être trop de scénaristes.

Le film voit une pléiade d’acteurs et actrices se donner la réplique: Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy, Géraldine Nakache, Guillaume Canet, Sandrine Kiberlain, Manu Payet, Isabelle Nanty. Les acteurs sont globalement bons, parfois un peu caricaturaux. Certains réussissent mieux dans le passage dans le mélodrames.

On passe un bon moment, on rit, on sourit. Pas un chef d’oeuvre, mais un bon divertissement.

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