Le « Ubu » de Cantona ne déchaîne pas les foules

Jouant dans une nouvelle mise en scène de la pièce Ubu enchaîné d’Alfred Jarry, l’ex-footballeur Eric Cantona a fait parler de lui, à Arcachon, après une sortie de piste.

« Un public de merde et petit bourgeois » : c’est en ces termes qu’Eric Cantona a expliqué son coup de colère, au bout d’une heure de représentation à Arcachon. L’acteur n’aurait pas apprécié que la salle ne soit pas remplie. Il se serait alors énervé, avant partir sans aller saluer le public. Bien entendu, ce n’est pas la première incartade du King. Lui qui avait l’habitude, en Angleterre, de susciter les scandales ou, en France, de balancer sur la presse et la politique, semble cette fois-ci dépassé par une réalité assez rude : la pièce ne plaît pas.

Ubu enchaîné est le dernier volet de la trilogie d’Alfred Jarry, sur ce roi grotesque voulant devenir esclave afin de profiter de la vraie liberté. Une des contradictions chères au dramaturge qui voyait, en ce paradoxe, toute la force de son humour. Certes, si l’histoire semble simple, la pièce exige une certaine proximité avec les personnages et une connaissance de l’œuvre dans sa globalité. De plus, lors de son passage à Nice, on a pu remarquer que le choix de la mise en scène n’a pas été très glorieux. Arnaud Jung, le créateur, a opté pour une histoire double : celle d’Ubu et celle d’un homme qui passe son temps à tirer un rideau ou à casser de la porcelaine. Ce style, se voulant avant-gardiste, dérange énormément à la compréhension. Un des portiers de la salle a même concédé à l’une de ses proches qu’au bout de la quatrième vision, il n’avait toujours rien compris à l’histoire. Egalement, le jeu des acteurs est exécrable : Cantona ne cesse pas de geindre ou de hurler et l’actrice qui l’épaule n’est pas mieux. Ne parlons même pas du casseur de vaisselle qui a un accent épouvantable et qui n’arrête pas de s’embrouiller dans son texte.

La pièce, jouée en Province, ne trouve pas sa place ; donc, elle inquiète. En effet, elle ne fait pas recette. Les salles restent vides et les applaudissements peinent à se faire entendre. Beaucoup, ne saisissant rien au spectacle, s’interrogent à chaque fois sur le dénouement : est-ce la fin ou un intermède ? Et même, dans le cercle des critiques de théâtre, on table sur un échec à Paris, le 16 mars, au théâtre Louis Jouvet. Première à la capitale. Voici, probablement, les raisons qui expliquent le comportement de Cantona : peut-être qu’il a vu ses propres limites et qu’il préfère taper sur les autres ? Ou, alors, peut-être qu’il ferait mieux de se concentrer sur ses approximations et sa palette de comédien qui s’appauvrit de plus en plus…

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