Moonspell – Alpha Noir / Omega White, un double CD en clair obscur.

Si Night Eternal était une merveille death aérienne avec des éléments de goth metal, Moonspell nous livre un double album tout en nuance, qui rappelle tour à tour des opus plus anciens comme The Butterfly effect, SIN/Pecado sans l’électro, Irreligious et Darkness & Hope.  Comme quoi, on ne se refait pas. Ils sont produits par Tue Madsen, avec qui le groupe portuguais a déjà collaboré pour  Under Satanæ et Night Eternal.  Le premier disque, Alpha Noir se veut « incendiaire » avec comme influences majeures Bathory, King Diamond, Onslaught, les premiers Metallica, Testament, et Artillery . Le second disque est plus aérien tout en clair obscur, plus proche de Type O Negative et The Sisters of Mercy comme de leurs précédents albums Darkness & Hope et Irreligious. Ce double CD est l’un des meilleurs disques d’heavy metal parus depuis début 2012: metal gothique et true black metal se confrontent sans jamais s’annihiler.

Alpha Noir abat sur nos oreilles un flux obscur et hypnotisant de grosses guitares, de mélodies sombres. Il suffit d’observer la pochette signée Seth de Septic Flesh pour voir le fantasmagorique cotoyé l’occulte. Je parlais de groupes true black metal comme influences, l’occulte est le fil conducteur de ce disque. Plus on y pense, et on constate un retour vers Daemonarch, le side-project des membres de Moonspell, qui se veut satanique certes, mais aussi anarchique, brute. L’album est relativement bon dans le genre décidé par le groupe, mais l’écoute déçoit un peu, même si la voix « death » de Fernando Ribeiro est omniprésente. Il manque des claviers, des éléments goth. Parmi les chansons les plus marquantes d’Alpha Noir, il y a la superbe Em nome do medo (au nom de la peur), chantée en portugais, Lickantrope et ses passages instrumentaux catchy et Grandstand avec ses mélodies vocales entêtantes. Les autres sont un peu plus que de simples brûlots black metal, mais ne sont pas aussi bonnes que celles sus-citées. Quant au 9ème et dernier titre d’Alpha Noir, c’est une transition vers Omega White. « Sine Missione », traduction latine littérale de « Sans Mission » est un titre apaisé et exclusivement instrumental, il décrit une abolition systématique de la création destructrice: l’Alpha Noir.

Faut -il dire qu’il manque la touche métal occulte sur White Omega si elle est sur Alpha Noir? Ce n’est pas tout à fait vrai. Ce n’est juste pas le même type d’influences métals qui sont explorées. Dans celui-ci on retrouve un style vraiment gothique qui semblait nous manquer sur Alpha Noir. Omega White se veut entre Type o Negative, The Sisters of Mercy et tout simplement l’un de mes  opus préférés du groupe portugais: Darkness & Hope. Il est vrai que le producteur de Darkness & Hope était Hiili Hiilesmaa, producteur de grands groupes gothiques comme Sentenced et HIM. La voix de Fernando Ribeiro se fait douce, pleine d’émotion. Les claviers reviennent, les guitares aériennes et la batterie est beaucoup moins proéminente. Les chansons Fireseason et Herodisiac nous ramènent près de 10 ans auparavant, au temps de Darkness & Hope. Le son n’est pas une simple copie d’alors, mais démontre une véritable maitrise. Moonspell réactualise un son qu’il a aidé à démocratiser. A greater darkness nous laisse sur une note de piano mélancolique. White Omega est le cri du cygne, une beauté gothique et éthérée par excellence.

Il faudra nécessairement écouter les 2 CDs, à la suite et au calme, pour considérer cette nouvelle oeuvre du groupe. Les habitués de Moonspell sont habitués à un mix parfait des composantes de chacun des albums. Néanmoins, j’ai une préférence pour White Omega où la majorité des chansons sont marquantes. Moonspell s’est officiellement fait plaisir: jouer des titres strictement lourds et occultes, et en parallèle, d’autres aériens et délicieusement goths. Alpha Noir a ses tubes, mais on passe moins de temps à vouloir l’écouter. Il manquera un petit quelque chose pour relancer certaines chansons d’Alpha Noir hors d’ un true black metal matiné de doom metal. Peut être aurait il fallu une part de symphonic metal ou un élément folk/goth comme sur les précédents opus tel que Wolfheart? Disons plutôt que Moonspell a livré du très grand Moonspell, montrant leur maitrise de chaque élément qui fait leur musique. On peut ainsi choisir quel aspect de ce grand groupe  on a envie d’écouter: un disque selon le moment présent.

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1 commentaire

  1. Moonspellofficialband| Another review in french from Delaculture. https://delaculture.wordpress.com/201… « Metal Lusitano

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