Une vengeance paradoxale

Benjamin Biolay a tout proposé dans ce cd: des collaborations incroyables passant de Vanessa Paradis à Carl Barat, une pochette aussi soignée que ses arrangements et une communication débutant en mars dernier par les fameux teasers nous plongeant avant l’heure dans le décor de ce qu’allait être… Vengeance.

Une critique de Kevin Petroni.
Le titre est ironique. Biolay ne veut pas se venger. Il n’a personne sur qui se venger. Et c’est bien cela le problème. L’album ne sait pas ce qu’il cherche à montrer. On reste dans une espèce de flou artistique où Biolay nous laisse glisser. Sous le lac gelé parle d’un pays en mal avec son passé, Aime mon amour d’un homme blessé qui refuse de se battre avec l’amant de sa femme; et Belle époque d’une balade dans le monde de la nuit. Biolay abandonne donc la cohérence. Délaisse ce qui a contribué au succès de La Superbe: raconter des scènes de vie, construire une fresque.
Il ne s’aperçoit pas qu’il passe à côté de son vrai chef d’œuvre: avoir popularisé l’album concept. Ce que Gainsbourg n’était pas parvenu à accomplir de son vivant avec Melody Nelson et l’homme à tête de chou. Cet album très difficile à réaliser parce qu’il exige une structure musicale pointilleuse, un thème à respecter et un message. Parce qu’il demande une synthèse parfaite entre textes, mélodies et styles. Ce que la Superbe était et que la Vengeance oublie.
Et pourtant, on s’extasie. On parle du meilleur album de l’année, d’un grand album! d’un fantastique album! Qui en parle? Bien entendu, les média! Les plateaux s’enchaînent pour Biolay et les compliments viennent gonfler un peu plus les ventes de Naïve qui en a bien besoin en ce moment. Et qui remercie la presse pour sa critique plus enchaînée que déchaînée. Même si, pour cela, elle doit s’aliéner et vanter les disques mitigés d’un grand musicien.
Car, Biolay demeure un génie. C’est ce qui sauve ses quatorze pistes: son empreinte. Cette capacité de nous amener dans un univers au travers d’un rythme, d’une fraction de secondes et de basculer quand ça lui chante vers un autre monde. C’est très comme ça, mais peu réussisse à atteindre ce degré de perfection et d’élégance, il suffit d’écouter Belle époque pour s’en convaincre: le saxo nous conduit dans les cafés, dans les fêtes et la joie de ces moments.
Sans doute, est-ce cela l’inconvénient de Vengeance: manquer de superbe tout en restant élégant?

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1 commentaire

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