« Extension du domaine de la lutte », Michel Houellebecq lutte toujours

Lutter c’est survivre. Et pour ce qui est de lutter, Michel Houellebecq s’en sort à merveille. Il mène son récit à travers un regard désenchanté d’un narrateur informaticien désabusé. Celui ci observe les actes de chacun dans la vie quotidienne. Cet homme a abandonné la lutte depuis longtemps. Et nous, en tant que lecteur, désirons ardemment savoir pourquoi.

Alors qu’il nous fait tanguer entre humour noir et négativité nous nous demandons : « Pourquoi certains luttent encore dans ces conditions ? ». Le monde ne doit plus être regardé. Il est devenu trop laid. Tandis que les relations humaines s’amenuisent, l’avancée technologique gravit les échelons mondiaux. L’auteur critique ouvertement notre société d’aujourd’hui et c’est ce qui est passionnant. Ce qui nous pousse à nous imprégner de chaque mot, de chaque virgule, de chaque sous-entendu c’est la réflexion sur la vie elle-même qui se cache derrière cette fiction. La véritable question devrait-être :  » Pourquoi certains ont abandonné ? » Oui, pourquoi n’y a-t-il plus d’espoir pour nombreux d’entre nous ? La réponse pourrait être la connaissance des choses. Michel Houellebecq développe ainsi une théorie sur le libéralisme économique et sexuel. « La sexualité est un système de hiérarchie sociale » affirme-t-il. C’est une manière comme une autre d’étudier les relations humaines. La lutte pourrait alors s’apparenter à une lutte des classes. Ainsi comme à un jeu de hasard, certains sont privilégiés, tout semble leur réussir; alors que d’autres semblent mener une existence morne, vide, banale. Pourtant on dispose tous des mêmes chances à notre naissance. Seulement c’est sans compter le milieu social dans lequel nous évoluons qui influence certainement beaucoup de critères; comme: les études, les relations amicales ou amoureuses, l’argent, le pouvoir, le travail, notre bonheur en général. Alors est-ce plus confortable de vivre ou de survivre ? La réponse semble évidente. Mais vivre à quel prix ? Si tout nous est facile d’accès, si nous ne découvrons plus rien, quel goût a ainsi la vie ? Un goût à priori amer. En ce sens, lutter, garder des illusions, se battre pour survivre devient essentiel. La vie semble la plus exaltante de ce point de vue là. Et c’est en ce point principal que le livre, Extension du domaine de la lutte, nous fait réfléchir.

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