Raul Midón : l’homme-orchestre de retour à Nice hier soir

L’Américain Raul Midón a foulé hier soir la scène du Théâtre Lino Ventura de Nice, ville où il s’était déjà produit l’année dernière en la salle Stéphane Grappelli. L’auteur-compositeur-interprète a emporté dans ses valises autant de styles musicaux que d’instruments : soul, folk, latino, jazz, reggae… Eclectisme, virtuosité et talent à revendre pour une soirée lumineuse.

Après une première partie assurée par le Niçois Jean-Louis Ruf-Costanzo, Raul Midón arrive seul sur scène, béret vissé sur la tête et lunettes noires, aidé de son accompagnateur (N.B. : le chanteur est aveugle). « It’s good to be back« , s’exclame-t-il la guitare en bandoulière, après avoir présenté au public niçois Don’t Hesitate, l’un des morceaux de son prochain album à paraître en mars prochain. Malgré sa cécité, le Néo-Mexicain semble apprécier tout particulièrement la capitale azuréenne et les joies qu’elle offre au visiteur : sa mer et son soleil mais aussi ses vins et fromages. Midón embraye sur une ballade de son premier album, Mystery Girl, l’une de ses plus belles. Il enchaîne les ballades comme on enfile les perles sur un collier : God’s Dream, autre nouvel extrait puis la sublime mélancolie latine de If You’re Gonna Leave. Puis après une intro où il imite avec sa bouche le son de la trompette tout en frappant les percussions installées devant lui, arrive le fameux Sunshine. Sa mélodie simple et fédératrice va naturellement faire chanter le public à plusieurs reprises  : « Sunshine, when you’re with me, I can fly« . Et l’artiste de se lancer dans une de ces improvisations qui laissent pantois, liant guitare et « trompette vocale » dans une unisson parfaite.

Raul calme le jeu avec la bossa nova languide Everyone Deserves A Second Chance puis épice les choses à nouveau avec le reggae Invisible Chains, au refrain chanté à contre-tempo. Une occasion encore une fois de se délecter de ce jeu de guitare percussif dont lui seul détient le secret. On a souvent tendance à oublier qu’il est seul sur scène tant son show déborde de rythme et d’énergie. Sur le morceau suivant, entièrement instrumental, ce sont ses talents de guitariste jazz qui sont à l’honneur. Puis son aide revient sur scène et l’assoie au piano – un instrument qu’il n’avait jusque-là jamais pratiqué sur scène – pour la ballade Listen To The Rain, extraite de son prochain album. Il revient ensuite à la guitare pour Sittin’ In The Middle, morceau en hommage à la légende soul Donny Hathaway, avant de dévoiler un nouveau morceau, All You Need, ballade pop radiogénique à la Jason Mraz. Et puis encore un autre, plus recueilli et co-écrit avec la chanteuse Lizz Wright, Keep Holding On. Enfin, Midón termine son set avec trois chansons bien connues de ses fans et issues de ses deux premiers albums : la ballade Waited All My Life, le rhythm & blues Ain’t Happened Yet et, bien sûr, son morceau phare State of Mind en guise de bouquet final. Après avoir fait entonner au public diverses sortes de vocalises, Raul Midón quitte la scène.

Deux rappels. Une nouvelle ballade I Can’t Love You, qu’il joue sur scène pour la toute première fois, en exclusivité pour le public niçois. Et enfin, Everybody, hymne rassembleur qui termine le show sur une note d’engagement et d’espoir : « Everybody can be somebody and everybody is free to make a difference in this world« . Un show vibrant de presque deux heures, où le chanteur n’a pas été avare en nouvelles chansons. Avouons tout de même qu’elles manquent un poil de variété : que des ballades dans un style pop assez classique, où les influences flamenco, brésiliennes et jazzy qui faisaient le style unique de Midón semblent bien loin, et la soul moins prégnante qu’avant. Il y a donc des chances que ce prochain album soit un poil décevant et passe-partout, à l’instar de son prédécesseur « Synthesis ». Reste que Midón, non content d’être triplement talentueux (chant, guitare, composition), est aussi un artiste ô combien généreux, authentique et attachant, dont chaque concert est un pur moment de plaisir. Chapeau l’artiste !

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