9 mois ferme, une comédie imparable du maître Dupontel

A l’image de ses autres films, 9 mois ferme d’Albert Dupontel nous promettait à nouveau notre dose d’humour noir et absurde. Quatre ans que Dupontel n’avait pas sévi !  C’est bien trop long quand on doit se contenter des comédies françaises aseptisés sur fond de romances à l’eau de rose ! Salvateur ! Pari réussi. Le film joue à merveille sur plusieurs registres : l’humour, le gore et la romance.

Le personnage incarné par Dupontel, qui comme à son habitude joue aussi le rôle principal, est un marginal. On sait à quel point Dupontel incarne avec brio les marginaux. Cambrioleur au grand cœur, accusé à tort par un système judiciaire subordonnée aux enquêtes d’une police désireuse de boucler le plus d’affaires ; fussent-elles mal menées ; Bob Nolan (Dupontel) fera pourtant preuve d’un bon sens à toute épreuve. Ne dit-il pas, choqué, à Ariane Felder, la juge d’instruction campée par Sandrine Kiberlain, qu’il est évident que le vieil homme cambriolé, ayant accumulé tant de richesses ostentatoires, ne peut pas être tout à fait exempt de soupçons ? Un robin des bois moderne, en somme, bien que rien ne nous dise qu’il distribue ses gains aux plus nécessiteux. Un anarchiste pas bien méchant, pas bien dangereux, mais corrosif à souhait. Bref, glissée entre les lignes du scénario, une critique acerbe de la grande aveugle.

C’est ce cynisme ambiant qui fait le sel facétieux du film. N’oublions pas l’interprétation cocasse de l’avocat bègue par Nicolas Marié, parfait dans le comique de répétition et celle de Bouli Lanners en flic impayable et inquiétant.  Albert Dupontel ne rate pas les médias dans sa critique:  les phases illustrant le journal télévisé sont hilarantes, et il faudra plusieurs visionnages du film pour saisir les énoncés fracassants des breakings news défilant au bas de la toile du cinéma.

Le scénario revient plusieurs fois sur l’accident qui cause l’inculpation de Bob Nolan: le pauvre vieux dévalisé, a été démembré et on a mangé ses yeux. Le Globophage, nom donné au maniaque, est digne d’une série Z italienne des seventies ou d’un remake orchestré par Roger Corman. Reprise plusieurs fois sous différents point de vues, dans un souci burlesque, ces scènes sont filmées sans emphase. Et la scène de la morgue du Docteur Toolate, sombre véritablement dans le gore.

Enfin, le long métrage ne se prive pas d’ajouter à ce bordélique mélange des genres son brin de tendresse dans ce monde de brute. La scène finale est un vrai réconfort après tant de folie. C’est l’appareil d’Etat qui est extravagant mais les deux personnages, aux prises avec leurs préoccupations professionnelles – disons divergentes – trouveront un terrain d’entente à travers leur « erreur de parcours ».

Dans un séquence désopilante, Maître Trolos concluant son plaidoyer loufoque par un mythique « Et vlan » n’appelant aucune contradiction, il est tentant d’en faire autant ici. Et toc !

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