Antiphon, le nouveau départ de Midlake

Antiphon, le quatrième album de Midlake, est leur premier depuis le départ du chanteur d’origine Tim Smith. Malgré ce chamboulement, le groupe texan signe un album plus rock que folk mais à la hauteur de sa réputation.

Leur  premier album Bamnan and Slivercork était à la fois lo-fi, psychédélique et Radiohead-ien. Le suivant, le chef-d’œuvre The Trials of Van Occupanther, les replace dans le sillage du soft rock californien seventies de Fleetwood Mac ou America. Puis enfin The Courage of Others, inspiré par la scène folk britannique des années 60, épique et d’une tristesse infinie. Ce dernier apparaît comme le miroir des états d’âme de son auteur Tim Smith, qui traverse alors une dépression accompagnée d’une panne créative.

Smith va devenir de plus en plus frustré, mécontent, exigeant vis-à-vis de lui-même et de son groupe, multipliant les sessions en studio. Mais aucun enregistrement ne lui donnera pleinement satisfaction. Une décision finira par s’imposer à ses yeux : claquer la porte. Alors que Smith se concentre désormais sur son nouveau projet de groupe, baptisé Harp, c’est le guitariste Eric Pulido qui sort de l’ombre pour assurer le rôle de chanteur sur ce quatrième album, Antiphon. Plutôt qu’au sophiste hédoniste de la Grèce antique, le nom de l’album se référerait avant tout à un type de chants grégoriens.

Alors, est-ce que Midlake sans Tim Smith, c’est encore Midlake ? La réponse est oui. Certes, la voix a changé. Mais pas tant que ça, tellement les intonations de Pulido rappellent celles de son illustre prédécesseur. Pour le reste, Antiphon se veut dans la continuité des travaux précédents : mélodies finement ciselées, paroles absconses et chœurs vaporeux. A ceci près que la mélancolie y semble plus insidieuse qu’autrefois, se nichant désormais sous des arrangements plus musclés et conquérants. Le lumineux et aérien The Old And The Young faisant figure d’exception, avec son refrain hymnique à la The Shins.

Et pourtant, Antiphon est tout sauf une pale copie des années Smith. Midlake n’avait jamais été aussi rock que sur l’instrumental Vale, qui alterne tapis de cordes atmosphériques et guitares abrasives. Un pas de deux entre la glace et la lave qui les rapprocherait presque du post-rock de Mogwai ou Explosions In The Sky. Que les fans qui n’apprécieraient pas cette nouvelle direction se consolent avec Aurora Gone, ballade harmonisée comme aux plus belles heures de Van Occupanther. Antiphon est aussi mélodique que n’importe quel album des Texans mais il s’en dégage un calme troublé ou plutôt une tension contenue, qui laisse parfois exploser des fulgurances jamais entendues jusque-là chez Midlake. Avec ou sans Tim Smith, Midlake continue d’évoluer sans jamais se répéter.

Antiphon se révèle totalement cohérent avec l’esprit du groupe, en plus d’être aussi ambitieux et abouti que les derniers albums de Jonathan Wilson ou d’Arcade Fire, les autres grandes réussites rock de cette fin d’année. Preuve que Midlake est un ensemble dont le tout est plus grand que la somme de ses parties.

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