La stratégie Ender, éthique de la guerre moderne?

La Stratégie Ender est un film de sci-fi inspiré du roman d’Orson Scott Card, écrivain mormon, récompensé par un prix Nébula en 1985 et un prix Hugo en 1986. L’action se tient dans un futur proche. Une race extraterrestre (les Doryphores) a tenté une invasion de la Terre avorté par les forces coalisées humaines.  Mais cela a eu un coût: la perte de plus de dix millions de civils. En attendant la prochaine attaque, une bande de gamins est formée aux armes dans une station orbitale commandée par Harrison « Graff » Ford.

La Stratégie Ender souffre de plusieurs scories. D’abord les jeux d’acteurs surfaits, pas forcément convaincu par leurs rôles, et à qui on ne donnera pas l’occasion de donner de la profondeur. Harrison Ford lui-même se contente du minimum pour son rôle de vétéran. Toutefois, le jeune Asa « Ender » Butterfield, après avoir incarné Hugo Cabret il y a maintenant deux ans, relève le niveau global. C’est bien le seul à paraître convaincu. Malheureusement, cette mauvaise direction de comédien mène à la désactivation de l’idée du film. Le sergent qui dirige la chambrée du héros ne demeure ainsi qu’une pâle imitation du sergent instructeur de Full Metal Jacket. Son autorité touche au risible, et l’on n’a pas l’impression que ce soit le but recherché par Gavin Hood, le réalisateur. Ratée également l’occasion de faire un hommage à Starship Troopers tant le coté réactionnaire et propagandiste est trop pris au sérieux pendant les trois premiers quart du film.

Les protecteurs de la Terre, dans la Stratégie Ender

Ensuite, la station orbitale constitue presque exclusivement le seul lieu de l’action. Et elle n’est pas d’une originalité folle. Bienvenue à une sorte de Space Poudlard. Les enfants vont passer une bonne partie du métrage à jouer à la guerre dans une salle immense meublée uniquement de contreforts trapézoïdaux. Dans le même sens, les scènes de batailles sont toujours des simulations, et le film nous dit que les enfants sont plus à même de mener une guerre grâce à leur aptitude vidéoludique… Faisons fi des Conventions de Genève !

Malgré tout, les toutes dernières minutes donnent un peu plus de substance à cette teen-movie spatiale rappelant – pour peu que la guerre soit inhérente au fonctionnement de notre espèce – que la déshumanisation de nos guerres modernes fait quand même des victimes collatérales. Revirement soudain vers un message plus humaniste rejetant les guerres préventives et la stratégie des drones.

On comprend alors le sens de la citation d’ouverture : « Au moment où je comprends véritablement mon ennemi, où je le comprend assez pour le vaincre, alors, à ce moment même, je l’aime également ».

 

Un film de Gavin Hood avec Harrison Ford, Asa Butterfield, Ben Kingsley.

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