Journal de ma nouvelle oreille, Chronique de la bouche à l’oreille (ou l’oreille qui fait parler)

Journal de ma nouvelle oreille est une pièce adaptée du texte éponyme d’Isabelle Fruchart et mise en scène par Zabou Breitman. Créée au Théâtre du Chêne Noir et jouée en Avignon en juillet 2013, cette création originale s’est invitée au Théâtre National de Nice du 21 janvier au 1er février 2014. Ce texte est interprété et joué par Isabelle Fruchart elle-même, « il était important qu’elle joue elle-même son histoire » explique Zabou Breitman. Car il s’ agit bien de cela, de se jouer de soi-même, avec la dose d’humour et d’auto dérision nécessaire pour cela.

isabelle fruchart

Ce n’est donc pas un hasard si le spectacle s’ouvre sur un clin d’œil au merveilleux clown qu’était Charlie Chaplin. Isabelle Fruchart choisi ainsi la scène pour se confier sur son histoire singulière.  A l’âge de 14 ans, elle commence à ne plus comprendre certaines choses, les chansons, les professeurs en cours. Le diagnostic tombe bien plus tard, lorsqu’elle a 26 ans : 70% d’audition en moins à chaque oreille. Elle ne décidera de s’ appareiller qu’à l’âge de 37 ans lorsque l’aide auditive progresse grâce à l’outil numérique.

Isabelle Fruchart fait le récit de son parcours. De malentendante en malentendus, elle manie l’art de nous émouvoir lorsqu’elle évoque des anecdotes authentiques et cocasses. Elle fait parler son oreille qui n’entend pas -ou peu- et nous sommes suspendus à ses lèvres tout comme elle l’était lorsqu’elle lisait sur les lèvres de ses proches avant d’être appareillée. Elle évoque l’accès au monde invisible; ce qui nous fait revisiter le mythe de la caverne en nous faisant passer du monde des ombres dans lequel le son est comme en sourdine au monde intelligible qui retrouve une sonorité. Isabelle Fruchart, orchestrée magnifiquement par Zabou Breitman,  nous fait redécouvrir ce qu’est l’écoute,  outil précieux du comédien. Cette qualité d’écoute qu’elle a été contrainte de développer l’a ainsi conduite au théâtre.

Elle nous invite à entendre différemment le sens des mots. C’est un voyage sensoriel et poétique auquel le spectateur est convié. Cela nous permet de mesurer combien il est essentiel d’être à l’écoute de nos sens car c’est eux seuls qui nous permettent de donner du sens au monde qui nous entoure.

 Un article de Sandrine Demarche

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