D’un souffle: Interview du comédien Fabrice Talon à l’occasion de la sortie de son premier roman

fabrice Talon d'un souffle Camino

Fabrice Talon vient de sortir son premier roman D’un souffle. Qui est donc ce comédien qui écrit un premier roman, tout en jouant dans des séries télé comme celle de Canal + Les Revenants, mais aussi au théâtre et au cinéma? L’homme que l’on pourrait surnommer « l’homme aux multiples visages », est avant tout un homme de scène. Avec D’un souffle, paru en mars 2015 chez EGV Editions, il conte l’histoire d’un comédien prénommé Gus qui court désespérément après les cachets et à qui une proposition inattendue est faite : devenir souffleur. Rencontre avec Fabrice Talon.

Fabrice Talon est comédien et metteur en scène, issu de l’école d’art dramatique de la comédie de Saint Étienne. Il écrit son premier texte pour le théâtre en 2003 dans lequel il raconte son parcours à pied du célèbre chemin de Compostelle ; Camino sera joué sur scène par Fabrice Talon en 2005 et connaîtra un vif succès. Depuis 2007, le spectacle chemine à travers la France. Nous avons rencontré l’auteur, mais aussi le comédien, l’homme de scène.

Peux-tu nous raconter comment est venue à toi l’histoire de Gus ?

Gustave est un comédien qui « court le cachet », comme on dit. De contrats mal payés en figurations un peu dégradantes et arrivé à un âge où les doutes l’envahissent quant à la poursuite d’un chemin si chaotique, il est au bord de l’abandon.
La chance, le destin, le hasard, selon le nom qu’on veut bien lui donner, va bientôt s’en mêler : la rencontre avec la grande Winnie Grandin, vedette confirmée à la scène comme à l’écran, du haut de ses plus de quatre-vingt ans, va marquer la naissance de la plus originale de ses aventures théâtrales.
La comédienne, qui répète une nouvelle pièce, a la mémoire qui fait parfois des siennes. Gustave, en plein chômage carabiné, se voit alors confier le travail le plus insolite qu’il ait jamais fait et qui pourtant n’existe plus depuis longtemps: Souffleur. Et ce rôle qu’il croyait réservé à l’ombre va se révéler à sa grande surprise comme une porte inattendue vers la lumière…

Dans « Camino », tu pars d’un événement que tu as vécu, à savoir le parcours du chemin de Compostelle. Ici, tu crées un personnage, Gus, qui est comédien tout comme toi. Est-ce que Gus c’est toi ?

Non, Gus n’est pas moi, ou plutôt pas tout à fait moi. Comme pour tous les écrivains le personnage principal me ressemble, mais malgré tout je ne peux pas dire que ce soit moi. Le fait est que je suis comédien et que je me sers d’un peu de mon vécu pour inventer une histoire, il y a donc beaucoup de moi dedans, mais malgré tout, mon Gus à une vie propre et notamment un détachement sur les évènements que moi je n’ai pas.

As-tu été souffleur pour le théâtre comme ton personnage Gus ?

Oui, je l’ai été, c’est d’ailleurs cela qui m’a inspiré l’histoire de Gus. On peut dire que c’est une histoire vraie, qui n’est vraie que jusqu’au moment où l’imaginaire transforme le réel.

Deux grands comédiens sont présents dans ton roman au côté de Gus ; il s’agit de Winnie Grandin et Jean Dartesy. As-tu pensé à des comédiens « réels » pour t’en inspirer ?

Oui bien sûr. Mais cela doit rester secret, car j’ai envie que le lecteur mette les acteurs qu’il veut derrière les deux personnages de Winnie et Jean.
Ces deux personnages là sont pour moi des exemples d’acteurs, des exemples aussi d’êtres humains. Je les ai vraiment connu, pas forcément ensemble ni au même moment de ma vie. Leur intégrité, leur gentillesse, leur talent, m’ont permis de les prendre en exemple tel qu’ils étaient vraiment. Ils ont pour la marque des grands et j’avais envie de rendre au travers d’eux un hommage à tous ces immenses acteurs qui durent au travers du temps.

Que représente l’écriture pour toi ?

Une nécessité et une souffrance ! Une souffrante nécessité !
J’écris depuis toujours. Déjà à l’école primaire mes rédactions étaient des feuilletons que je bâtissais en épisode, d’un devoir à l’autre. Mes notes étaient moyennes et mes camarades peu intéressés ; mais moi ça me permettait de rêver.
Plus tard, adolescent, j’écrivais des poèmes, des chansons. Adulte, j’ai participé à plusieurs stages d’écriture. Mais suivre des codes, des balises m’a toujours gêné. Au fil de mes rencontres et de mon expérience d’acteur aussi et donc auprès de grands auteurs (de Shakespeare à Pinter, en passant par Tchekhov ou Beckett), j’ai peu à peu découvert ma façon d’écrire et mon chemin vers un style qui je l’espère m’est propre.

Comment qualifierais – tu ton rapport à elle?

L’écriture est pour moi la chose la plus difficile du monde, je trouve ça encore plus difficile que d’être acteur, c’est dire !
Non seulement il faut avoir à dire, mais aussi trouver comment le dire, et pourquoi ce comment là ! c’est une sorte de plongée dans un labyrinthe, où parfois on se perd et d’où il faut tout effacer et recommencer. Chaque mot que j’écris découle d’une décision de ma part de l’écrire. J’ai besoin que chaque mot indique précisément ce que je veux dire. La langue française est pour cela un outil extraordinaire et malheureusement aussi extraordinairement complexe. Et c’est donc pour moi un vrai travail, harassant et hyper exigeant. Néanmoins, je ne peux m’empêcher à un moment ou à un autre de reprendre le chemin de l’écriture, mais seulement après un long processus de réflexion.
J’écris souvent la nuit, entre 11h du soir et 2 ou 3heures du matin. J’ai souvent du mal à m’endormir après, car c’est à la fois excitant et épuisant d’écrire.

Quels sont tes projets à venir ?

Écrire le deuxième roman, le plus difficile. J’ai quelques projets au théâtre, plutôt pour 2016, voire 2017.
Je serais en septembre un des personnages de la saison 2 de la série Les Revenants sur canal + et j’ai aussi quelques dates de jeu pour mon spectacle Camino.
A part ça, mes projets sont d’essayer de vivre de nouvelles aventures pour me remplir d’histoires à raconter car la vie est une merveilleuse pourvoyeuse de romans.

Un petit mot pour les lecteurs ?

Bonjour amis lecteur. Comment vas-tu ?
Comme je ne peux pas te rencontrer un à un, j’ai chargé mon personnage, Gus, de le faire à ma place.
J’espère qu’il te plaira, te fera sourire/être ému/t’impatienter/t’étonner/être surpris t’envoler/ aimer le théâtre/aimer les acteurs/et trouver que parfois la vie est vachement belle…
J’espère que son histoire te plaira, comme il semble qu’elle plaisent à ceux qui l’ont lu (sur le témoignage des premiers retour que j’en ai), et que tu en parleras à tes amis, qui à leur tour en parlerons à leurs amis qui en parlerons aux amis de leurs amis, qui eux même auront envie d’en toucher deux mots à leurs amis, amis qui ne pourront s’empêcher de le prêter à leurs amis, ces mêmes amis-là qui malgré tout iront acheter le livre pour l’offrir à leurs amis… qui à un moment où à un autre en parlerons à leurs amis qui eux-mêmes……
Bref ! J’espère juste que ce roman vous plaira à lire autant qu’il m’a plu à l’écrire pour vous…

D’un souffle de Fabrice Talon. En dédicace dans son village natal, Beauvais-sur-Matha, Charente-Maritime, le 20 juin.
Puis en dédicace à Paris, chez EGV Editions, en septembre 2015.

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