« Il Trovatore », avez-vous déjà vu…

… un cheval blanc qui fait de l’opéra? Et bien, si vous allez à la prochaine représentation du Trouvère à l’opéra de Nice, vous le verrez!

Cette fois, la production ne manque pas d’idées génialissimes. Entre autres, il y a des enfants jetés sur le bûcher, une jeune mariée qui manipule le poison à la perfection, des duels sanglants, des âmes sans corps qui rôdent parmi les vivants, des flammes lugubres et des gitans marqués par la mort.

A l’époque Shakespearienne, les acteurs étaient déjà là lorsque le public entrait dans le théâtre et ils se promenaient entre les spectateurs pour créer l’impression d’un spectacle qui continuait au-delà de l’artifice théâtral et qui faisait du monde entier une scène sur laquelle toute personne devenait un personnage. L’idée est reprise ici. Le temps de s’installer et on se voit encerclé par des soldats en noir. Un narrateur se promène entre les rangées de chaises et le chant qu’il entreprend est à la fois terrible et captivant. La folie d’une mère la conduit de l’infanticide à l’adoption. L’enfant adopté est marqué par l’inavouable et rêve d’insecte sans s’en rendre compte. L’idée d’un déjà-là est également présente dans l’histoire qui se déclenche lorsqu’on trouve une gitane se tenant devant le berceau de deux enfants. Personne ne connait la raison de sa présence. Elle est déjà-là tout simplement.
L’atmosphère est très captivante et la mise-en-scène dynamique. Elles vous plongent dans un paysage onirique qui contient des silhouettes noires sans visage qui regardent des frères s’entretuer pour l’amour d’une femme. Lorsque le rideau se lèvera, vous verrez une scène entièrement drapée de blanc. La seule lumière est celle d’un chandelier. Plus tard, vous verrez la pleine lune sur un voile gris comme fond de scène. L’idée d’espacé drapé est reprise vers la fin, tout comme l’est la symbolique des couleurs – le rouge et le noir d’affrontent sans cesse.

Les costumes sont élégants et les voix très belles. Il faut absolument aller entendre les trios et les airs gitans. Les trios sont mémorables et les conflits raisonnent comme le bruit du tonnerre – l’idée est très légèrement suggérée par des effets de lumière, discrets mais efficaces. Une autre scène mémorable et celle du premier solo de Leonora qui descend sur scène dans un lit somptueux. Leonora est sublime. Vous la verrez habillée en robe blanche et scintillante qui est en contraste satiné avec sa peau, lisse comme le surface d’un lac chocolaté. Les scènes dans le camp des gitans sont fraiches, originales et allègent l’ensemble sans insister sur les clichés.

Cette fois, la production de l’OPN vaut le déplacement! Le travail minutieux et les efforts considérables de mise-en-scène et d’orchestration sont très appréciables.

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